La complexité


The Spiral Method of Learning Complex Information

J’ai eu l’occasion d’entendre une allocution de Walter Bender. Il est professeur au MIT, ancien directeur exécutif du Media Lab du MIT et fondateur de Sugar Labs, une société qui développe des logiciels libres sous Linux à destination de l’éducation scolaire pour les enfants.

Une citation de Walter a attiré mon attention. Pour paraphraser, Walter a déclaré: «la richesse de la vie est dans la complexité … il ne faut pas essayer de simplifier les choses, mais plutôt développer des outils pour comprendre la complexité“.

Quelques réflexions sur cette idée.

1. Elle interpelle probablement la plupart d’entre nous tant cela nous apparait contre-intuitif, pourtant c’est juste.
2. En une phrase, il a expliqué le développement de la pensée intellectuelle
3. Si nous reconnaissons l’apprentissage comme destiné à nous donner des outils de “lecture”, on pourrait radicalement transformer la perception que nous avons de l’architecture de notre société et la manière doit on doit interagir avec elle.

Illustration avec le rôle social de l’entreprise.

Intuitivement on sent que l’Entreprise à un impact social majeur, on y passe 70% à 80% de son temps, elle est au centre de l’activité économique et elle participe à l’organisation de la société. Pour autant, un actionnaire aura toujours un peu de mal à percevoir au delà du retour sur investissement (ROI), l’ensemble des éléments qui caractérisent la résonance qu’a l’entreprise avec son environnement. La finance moderne a du mal a concevoir la valeur qui existe en dehors des éléments de trésorerie, qui ont manifestement un impact.notable sur la performance de l’entreprise. En effet, comment mesurer le bonheur/bien être d’un salarié,  l’implication écologique d’une entreprise et y a t il un intérêt à le mesurer?

Ma conviction? Ce qui se mesure a de la valeur.

Si la finance est le proxy majeur par lequel l’entreprise interagit avec le monde, alors nous pouvons essayer de la compléter pour qu’il prenne en considération des éléments qui lui étaient étrangers ou mal compris jusqu’ici. Nous pouvons permettre aux actionnaires, mais aussi à toutes les parties prenantes (salariés, l’état, fournisseurs, clients) d’appréhender le rôle et la place qu’une entreprise tient dans la société. En bref, donner du sens.

Donner du sens à l’activité d’une entreprise

En pratique, une entreprise fait plus que des simples profits. Un moyen de le mesurer c’est le  SROI (Social Return On Investment). Une grille SROI (Social Return On Investment) peut aider à valoriser/appréhender les impacts sociaux et environnementaux de nos investissements sans s’éloigner de l’analyse  financière traditionnelle. En bref, le SROI complète le ROI et permet d’avoir une nouvelle lecture de l’investissement dans une entreprise.

Cependant, l’exercice est ardu. Construire un ratio SROI fait appel à des techniques ad hoc, encore peu normées. Ca fera l’objet d’un prochain post.

Mais l’idée est là: si l’on peut diffuser un outil de lecture du monde, qui intègre une palette plus large de paramètres, alors on peut agir différemment et revoir les priorités.



Donner c’est tuer


Ceux qui ont l’habitude de travailler à mes côtés m’entendent souvent répéter cette phrase: “L’enfer est pavé de bonnes intentions”.

Souvent je prononce cet adage dans un contexte léger.

Aujourd’hui je souhaite vous faire partager ma découverte d’un livre qui confirme cette thèse sur un sujet beaucoup plus grave et en relation directe avec Labadens et sa philosophie.

L’AIDE FATALE, par Dambisa Moyo (JC Lattès) est un réquisitoire contre une pratique que nous condamnons à longueur de temps chez Labadens: l’Aide au Pays Pauvres.
Ce livre confirme avec brio ce que nous nous efforçons de dénoncer: l’aide aux pays en voie de développement n’est pas inutile…elle est pire!

Elle entrave le développement de ces pays et les plonge dans une spirale infernale.

Prononcée par moi, cette phrase sent bon la provoc’. Lorsque Dambisa Moyo (originaire de Zambie, formée à Harvard, Oxford et passée par la Banque Mondiale) le dénonce, ça attire forcément un peu plus l’attention.

Premier constat: c’est dans les pays africains les plus aidés depuis un siècle que la pauvreté a le plus augmenté.

Pourquoi? Le cercle vicieux est simple à comprendre et à démontrer: l’aide engendre la corruption. Elle fournit aux dirigeants en place des moyens de conserver leurs places sans avoir de comptes à rendre à leurs populations.  Elle freine donc l’établissement d’un authentique état de droit, ce qui éloigne les investisseurs. Elle oriente l’argent reçu vers de grands projets à l’utilité souvent discutable…mais qui facilitent les pots-de-vin. Elle détourne ensuite les élites intellectuelles vers des postes politiques ou administratifs propices au prélèvement de dîmes, enfin, last but not least, elle provoque des distorsions de concurrence qui découragent les producteurs locaux. Au final, cela entretient voir aggrave la  pauvreté ce qui justifie l’octroi d’aides supplémentaires.

CQFD.

Mais alors pourquoi les GDDJPDDN (Gentils Donateurs Des Jolis Pays Développés Du Nord) continuent dans cette voie?

Tout d’abord parce que cela leur donne bonne conscience (nous avons également eu cette problématique à gérer lors de notre mission d’audit en juillet puisqu’une partie de l’équipe a eu tendance à agir de manière compassionnelle…mais cela fera l’objet d’un prochain post).

Ensuite parce qu’elle sert indirectement les lobbies agricoles Américains et Européens qui y voient une compensation des subventions qu’ils perçoivent.

Enfin, parce que sa gestion et sa répartition occupent dans les pays riches des dizaines de milliers de personnes réparties dans des milliers d’organismes internationaux, d’observatoires, d’administrations qui cherchent à justifier leur existence et pour qui le charity business est une manne.

Allons nous nous arrêter sur un tel constat déprimant?

Ce n’est pas le genre de Labadens. Nous ne sommes pas des Nicolas HULOT du développement Nord/Sud. Nous ne nous contentons pas de dénoncer et notre raison d’exister est d’imaginer et mettre en application des solutions (aussi imparfaites soient-elles, selon l’autre adage auquel je tiens tant, et qui fera l’objet d’un autre post: “Il vaut mieux une bonne solution aujourd’hui qu’une solution parfaite l’année prochaine”).

Plusieurs pistes:

-Supprimer l’aide dans un délai de 5 à 10 ans;

-Utiliser les émissions d’obligations comme nouvelle source de financement (cela coûte certes plus cher que les prêts bonifiés de la Banque Mondiale mais cela fait entrer les emprunteurs dans le cercle vertueux de la crédibilité qui attirera des investisseurs étrangers);

-Poursuivre la promotion du microcrédit;

-Accroître la promotion du méso-Private Equity.

Car il faut savoir dépasser les dogmes et les lieux communs: A ce jour, l’économie de marché et le libéralisme restent LES SEULS moyens pour un peuple d’accroître son niveau de vie et de s’extraire de la pauvreté.

Et ce n’est pas Michel FONT ni Dambisa MOYO qui le dit, mais un vieux barbu qui a déclaré il y a 2000 ans qu’il valait mieux apprendre à un homme à pêcher plutôt que de lui offrir un poisson.

Michel

Ps: Je tiens à remercier Gérard MOATTI, dont l’excellent article  ”L’enfer des bonnes intentions” dans les Echos a attiré mon attention sur l’ouvrage de Dambisa MOYO.



La philosophie du bol de riz


À tous ceux d’entre vous qui ont vu le jour dans les années 80 (ou même avant), vous vous souvenez sans doute de ces grandes opérations humanitaires, dans les écoles primaires et/ou au collège, en faveur de la Somalie.

Vous vous rappelez de vos enseignants et instituteurs vous expliquant qu’il fallait aider les Somaliens.  Oui, qu’il fallait montrer notre solidarité avec ces enfants somaliens par une action forte et définitive : bref, qu’il fallait leur envoyer des sachets de riz.

Alors obéissant, je suis rentré chez moi après l’école. J’ai expliqué à ma mère qu’il fallait aider les petits Somaliens en leur envoyant du riz. Elle m’a confié un sachet de riz que j’ai fièrement amené à l’école dès le lendemain.

Dans la cour de récréation, certains de mes camarades de classe comparaient leur sachet de riz. L’un d’eux brandissait fièrement un sachet de riz Uncle Ben’s. Il n’était pas le seul d’ailleurs, plusieurs de mes camarades de classe avaient des sachets de riz de grandes marques. J’osais à peine montrer le mien:  vous savez comment sont les enfants. Pour autant, une toute petite pensée, fugitive, presque imperceptible, m’a traversé l’esprit: Le petit Somalien ne fera sans doute pas la différence.

Pour tout dire, lorsque je vivais au Cameroun, je ne faisais pas de différence entre les marques de riz. En fait, j’ai même pas souvenir d’en avoir connu plus d’une.

Bref !

Nous avons soigneusement remis nos sachets de riz à une ONG (dont le nom m’échappe) et dans la cour de récréation nous faisions des “coucous” au camion rempli de riz qui s’en allait au loin pour la Somalie (?). Après cet événement qui venait briser la routine de l’école primaire, nous retournâmes en classe.  Ah! la classe…, lieu le plus fertile pour mon imagination tant l’enseignement était barbant.  Je me suis mis à imaginer le voyage de ce camion qui venait de partir. Je l’imaginais faire le tour de la France, aller dans les différents écoles, descendre via l’Espagne, emprunter le détroit de Gibraltar en bateau, puis traverser le désert, avant de rejoindre la Somalie pour délivrer mon sachet de riz (sans marque) à cet enfant somalien.

Oui, j’avais une carte dans mon agenda (ou mon cahier de texte, comme on disait autrefois).

Voilà, mission accomplie ! Notre classe de CM2 venait de résorber la famine en Somalie en un tour de main. Nous pouvions dormir tranquille et reprendre nos petites vies sans avoir à nous soucier  plus avant de la situation des Somaliens. Le lendemain, ceux-ci auraient de toute façon disparu du journal de 20h pour laisser place à un quelconque homme politique ou star  venus verser des larmes de crocodile à l’écran. Puis, un an plus tard, ces mêmes personnes viendraient se lamenter à l’écran à propos d’un autre drame humanitaire, nouveau à la mode. C’est la “philosophie du bol de riz”.

Le problème, c’est que j’avais une imagination fertile. Je me suis mis à imaginer ce qu’il se passerait une fois que tout le riz serait consommé. Le camion allait-il revenir, l’an prochain ?  Y aurait-il assez de riz jusqu’au retour du camion ? Et puis juste du riz, ce n’est pas suffisant, il faut de la viande, des légumes, non? Bref, que des questions auxquelles un gamin, qui fait trop de fautes d’orthographe dans ses dictées, ne peut répondre.

Et après ? Ben rien, j’ai grandi ; le camion n’est jamais revenu (dans mon école en tout cas) et les Somaliens sont toujours dans une misère noire. C’était il y a presque 20 ans. Je devais avoir 8 ou 9 ans quand c’est arrivé. À ce moment-là, j’ai compris, j’ai découvert ce que Michel nomme  “l’humanitaire de complaisance”. Moi, j’appelle ça “la philosophie bol de riz”. Bien sûr, on pourra toujours expliquer (et avec raison) que la guerre fait rage depuis tout ce temps (et ça complique pas mal), répondre qu’il existe différents types d’ONG (urgence & développement). C’est sûr, c’est sûr.

Malgré tout, si je pouvais éviter à mes enfants d’avoir à apporter des sachets de riz à l’école …même d’une grande marque, ce serait bien, non ?

Alors que fait-on ? On oublie la “philosophie du bol de riz”, on se retrousse les manches, on mets les mains dans le cambouis et on fait de son mieux. Et si faire de son mieux n’est pas suffisant alors on persévère encore plus fort et aussi longtemps que nécessaire. Pas de défaitisme, ni de fatalité. Ca, c’est ma philosophie.



BoSs’Chronicles laisse place à FAJIt’s Harder


De nouveau sur le marché de l’emploi après 13 mois d’absence, j’ai décidé de créer une nouvelle rubrique intitulée: FAJIt’s Harder signifiant “Finding A Job, It’s Harder” (1)

(1) Traduction: trouver un emploi c’est dur…

FAJIt’s Harder est une nouvelle chronique sur la recherche d’emploi, les méthodes, les innovations…

Bonne lecture.



BoSs’Chronicles: Déposer le bilan c’est quoi ?


Aujourd’hui, j’ai décidé d’apporter ma contribution pour éclairer tous ceux qui ont déjà entendu cette expression mais qui n’en savent pas plus à son sujet (ce qui est normal, puisque généralement, tout bon chef d’entreprise qui se respecte, ne veut pas en entendre parler. Peut être à tord d’ailleurs).

ACTE I: La DCP

Le dépôt de bilan, d’un point de vue juridique commence par un acte appelé: Déclaration de Cessation de Paiement ( ou DCP).

C’est quoi ?: la DCP est un formulaire que vous allez chercher au Tribunal de Commerce dans lequel est inscrit votre société. En vous donnant les formulaires, votre interlocuteur, vous expliquera comment remplir le document et vous fournira une liste exhaustive des pièces à fournir.
Le document est composé de quatre pages, sur lesquelles vous déclarez l’ensemble de vos dettes dans les listes mentionnées. L’objectif est de définir l’actif et le passif de l’entreprise.

Vous aurez à choisir votre demande: Liquidation ou redressement (Voir ACTE II)

Quand doit-on la remplir ?: En principe, cette déclaration doit être réalisée au maximum dans les 45 jours qui suivent les premières difficultés de paiement ( salaires, cotisations sociales, fournisseurs, et autres prestataires).

Puis-je le faire seul ? Oui, vous n’avez pas besoin de votre comptable pour remplir ce document, d’ailleurs, on ne va pas vous condamner parce que vous vous êtes légèrement trompé. On vous demande d’être assez proche de la réalité.
Combien ça coute ?: Rien, en principe sauf quelques documents officiels à fournir: Certificat d’inscription au registre du commerce  et certifiaction d’inscription à la chambre des métiers (en fonction de l’activité).
Comptez au maximum 8 Euros.
Et après ? Une fois remplie, la DCP et l’ensemble des documents demandés sont rapportés au Tribunal de Commerce qui vous remets un papier officiel de déclaration de cessation de paiement et une date de convocation à l’audience (c’est plus ou moins rapide en fonction des Tribunaux)
Avec ce papier, vous être protégé de toute saisie ou toute réclamation à venir, jusqu’à votre convocation à l’audience.

ACTE II: L’audience

Vous êtes dans une salle d’attente et vous attendez que le Greffier vienne vous chercher.

L’audience se déroule à huis clos, devant une assemblée composée du Procureur, du Président, du Vice-Président et du Greffier.

Vous devez expliquer à l’assemblée pourquoi vous en êtes arrivé là et justifier le motif de votre demande (Liquidation ou redressement), votre temps est limité car les affaires à traiter sont nombreuses.

Vous retournez en salle d’attente et vous attendez que l’on vous invite à la prononciation du jugement collectif (toutes les entreprises convoquées sont présentes).

ACTE III: La décision

Liquidation judiciaire: l’activité est arrêtée dès la prononciation du jugement, le ou les gérant(s) sont déssaisis de leur fonction. Un mandataire liquidateur est nommé pour gérer la liquidation de la société.

Depuis le 1er Janvier 2006, un  procédure de liquidation judiciaire simplifiée est applicable à tout débiteur qui remplit les trois conditions suivantes :

  • L’actif de l’entreprise ne comprend pas de bien immobilier ;
  • Le chiffre d’affaires de l’entreprise n’excède pas 750 000 € ;
  • Le nombre de salariés de l’entreprise est, au plus, de cinq (1)
Lorsque la procédure de liquidation judiciaire simplifiée est applicable, le tribunal détermine les biens du débiteur pouvant faire l’objet d’une vente de gré à gré (2). En pratique, le juge-commissaire examine les offres d’acquisition des biens de l’entreprise et autorise la vente. Le liquidateur procède à la vente dans les trois mois suivant la publication du jugement de liquidation judiciaire simplifiée.
A l’issue de cette période, les biens restants, sont vendus aux enchères publiques.
Le tribunal doit prononcer la clôture de la procédure de liquidation judiciaire simplifiée au plus tard un an après son ouverture. Il peut toutefois proroger cette procédure d’une durée de trois mois, par un jugement spécialement motivé. La procédure de liquidation judiciaire simplifiée devrait ainsi avoir une durée maximale de quinze mois (3).
Cette nouvelle procédure s’applique aux procédures ouvertes à compter du 1er janvier 2006, mais également aux procédures qui étaient en cours à cette date.
Redressement judiciaire: Un redressement judiciaire, dont la durée de la période d’observation sous l’égide du tribunal peut durer de 6 à 18 mois, se solde soit par :
  • Une cession-redressement (l’entité poursuit son activité en remboursant tout ou partie de son passif, avec les mêmes actionnaires et dirigeants ou bien en changeant),
  • Une cession-liquidation : l’activité économique de l’entité est cédée à un tiers et l’activité se poursuit dans une autre entité. Avec le fruit de la cession et la réalisation des actifs non repris (par exemple les créances et la trésorerie), le passif est remboursé selon l’ordre de priorité légal.
  • Une liquidation judiciaire si l’activité n’est pas viable, au cours de laquelle l’objectif est de réaliser l’ensemble des actifs de l’entreprise (biens, etc.), et de payer les créances dans l’ordre défini par la loi. Bien que cette procédure soit subsidiaire, elle est de loin la plus fréquente (environ 3/4 de liquidations).

Dans ces deux derniers cas, une fois tous les actifs recouvrés ou cédés et ensuite le passif réglé à hauteur des moyens disponibles, il est procédé à une clôture pour insuffisance d’actif et l’entité est définitivement radiée.

Source

ACTE IV: Liquidation et après ?

Le tribunal au moment du jugement vous remet les coordonnées du Mandataire liquidateur désigné pour votre dossier. Vous devez le rencontrer le plus vite possible pour définir les priorités (salaires à échoir, documents à fournir,…)

Vous n’êtes plus gérant de la société mais vous restez garant de la bonne marche de la procédure, plus précisément, vous devez être disposer à fournir les documents nécessaires au Liquidateur. L’idéal est d’appeler son Etude de temps en temps pour faire le point.

Attendez-vous à devoir gérer quelques points tels que:

- la réalisation des bulletins de salaires (si vous n’avez plus de comptable et que vous ne voulez pas payer un autre comptable). Il est préférable de les faire soit-même.

- des observations à fournir dans le cas où un client ne désire pas payer une facture latente.

QUE RISQUE T-ON ?

a) Si vous être en société et que l’ensemble du capital a été libéré, la société n’est responsable de ses dettes qu’à la hauteur de son capital.

b) Si vous êtes en société et que le capital n’a pas été entièrement libéré; par exemple vous avez souscrit un capital de 5000 € mais vous n’en avez libérez que 1000 € lors de la création : le liquidateur demandera la libération du capital restant dû selon la répartition mentionnée dans les statuts de la société.

Pour autant, le liquidateur peut instruire à votre encontre un réquisitoire au Tribunal de commerce pour les motifs suivant:

  • s’il y a eu fraude
  • s’il y a eu abus de biens sociaux
  • ou toute autre irrégularité

Si vous avez effectué vos fonctions de gérant avec conscience et sans dérive est fort peu probable que vous soyez inquiété.  Le mieux est d’attendre la jugement finale à l’issue de la procédure de liquidation.

QUE DEVIENT L’ANCIEN CHEF D’ENTREPRISE PENDANT LA LIQUIDATION ?

L’ancien gérant ayant perdu son mandat dans la liquidation ne peut pas créer d’autre société tant que le jugement définitif de la liquidation ne sera prononcée.

Il reprends donc une vie normale (après toutes les difficultés affrontées, les craintes et les peurs).

- Il peut faire une demande de RSA dans la mesure où il peut justifier de difficultés financières liées à son activité, comme l’impossibilité de se rémunérer pendant trois mois consécutifs. Il y aura un dossier à monter.

- Il peut s’inscrire au Pôle emplois, monter un dossier et demander s’il a droit à des aides spécifiques. Cela dépend de plusieurs critères et des situations de chacun

- Il peut exercer une activité salariée et cotisera au régime général (CPAM)




Microcrédit, l’avènement des parabanques et la fin d’une idéologie.


Bastien me communiquait récemment un lien vers le site Myc4. Un acteur qui, comme Babyloan, surfe sur la vague du peer to peer lending. Cependant, j’ai pu noter deux différences majeures. La première concerne le rendement pour le prêteur (i.e : le particulier) qui atteint pas moins de 12%, la seconde est la taille des montants de crédit qui sont généralement supérieur à 1.000€.

On pourrait se réjouir de leur démarche. D’un côté, celle-ci contente les prêteurs avec une rémunération confortable, et de l’autre, elle permet aux entrepreneurs des PME dans les pays pauvres, boudées par les banques locales, d’avoir accès à des volumes de crédit conséquents et utiles à  leur développement. Cette pratique est souvent regroupée sous le vocable de mésofinance (i.e. entre micro et macro).

Pour tout vous dire, je partage une partie de l’analyse proposée par Myc4., c’est même la base de la réflexion de Labadens En clair, le financement de la très petite entreprise (TPE) et de la PME est le chaînon manquant entre les banques formelles et les IMF.

C’est beau. C’est bien. C’est propre. Tout est pour le mieux me direz vous. Mais il y a un “mais”. Pour proposer des taux de rémunérations à hauteur de 12%, l’emprunteur paiera un taux d’intérêt supérieur à 17%. sur une durée de 18 mois. Attendez, je vais le répéter: taux d’intérêt de 17% sur 18 mois.

En clair, je te prête 10.000€ et toi dans 1.5 ans, tu me rends 12.000€. Mesdames, messieurs, avec cette pratique on envisage de réduire la pauvreté, de contribuer à la création d’emploi…bla bla bla bla youcoulélé on connait la chanson.

OK. J’entends les voix s’élever d’ici et m’expliquer qu’il faut couvrir les couts d’agence, de refinancement et d’administration. On m’expliquera ensuite que c’est un cadeau qu’on fait “ces pauvres”  en comparaison des taux usuriers que leur proposent d’autres acteurs (i.e. 1% par jour). De mémoire, le taux maximum pratiqué par les IMF peut atteindre 30%.

Le baratin est rudement bien rôdé: (1) on m’explique que je vais contribuer à la réduction de la pauvreté dans le monde (2) en m’enrichissant et (3) avec un probabilité de réalisation de 95%

Le CODEVI peut aller se rhabiller!

D’ailleurs les autres plate forme de peer to peer lending telles que Babyloan et Kiva peuvent  aussi aller se rhabiller avec leur taux de rémunération à …0% pour le prêteur (i.e. le particulier). C’est sur, c’est pas la même philosophie.Quand des acteurs comme Babyloan et Kiva peuvent s’intéresser à des emprunteurs dans les campagnes, Myc4 sera plus présent dans les villes, là où les couts d’agence et les risques sont le moins fort. C’est somme toute logique.

Mon opinion? Il y a deux mouvements qui se dessinent dans le “microcrédit“. L’un que je qualifierai d’ONG + auquel les organisations comme Babyloan et Kiva appartiennent et l’autre que j’appellerais les parabanques.

Les ONG+ aident chaque individu notamment dans les zones reculés à créer son propre emploi (généralement le commerce). Mais elles pêchent ,à mon sens, dans l’appui à la création de valeur ajoutée générée par les entreprises du locale. En gros, je doute que le microcrédit soit  un jour à l’origine d’un champion national ou même régional.

Les parabanques ont un objectif affiché de rentabilité et elles surfent sur la vague du microcrédit pour attirer des pourvoyeurs de fonds internationaux. Ah le marketing et la communication!

Et que font les banques locales pendant ce temps? Je veux dire les vrais banques. Vous savez, celles qui passent leur temps à placer leur argent sur les marchés internationaux au lieu de prêter aux entreprises locales.

Rien. Ah si…du microcrédit, mais toujours pas de “mésocrédit” aux PME. La mode, la mode la mode!



BoSs’Chronicles: Designers & graphistes,vendez vos idées autrement


Bon nombre de créateurs graphistes talentueux se retrouvent généralement à des postes qui ne comblent généralement pas leurs besoins d’expression ou de création personnelle.

Ce n’est pas une nouveauté, mais certains d’entre eux ont trouvé différentes alternatives qui peuvent s’avérer lucratives et permettre de se différencier.

Parmi celles-ci, FOTOLIA, une banque d’images protégées par les droits d’auteurs. L’avantage de FOTOLIA c’est que les fichiers que l’on peut y trouver sont réalisés par des amateurs et des professionnels et donc donne un choix plus vaste d’images, de photographies et de vectoriels. Le prix des images varie en fonction de leur dimensions.

Toute personne ouvrant un compte sur FOTOLIA (gratuit) peut acheter des données (en crédits, en fonction du document choisi) mais également mettre à disposition ses propres documents ( c’est vous qui choisissez la rémunération que vous obtiendrez, chaque fois que votre document sera téléchargé). Il faut néanmoins, pour les photographies, proposer des fichiers de qualité 5 MegaPixels au minimum et pouvoir classer le document dans une ou plusieurs catégories.

Des groupes de personnes en ont ainsi fait une activité récurrente, en proposant des images commerciales adaptées dans tous les domaines professionnels. Oui, pour fabriquer des plaquettes commerciale, il n’y a pas 36 solutions, soit vous faites vos photos vous-même, soit vous les acheteZ. Mais il en manque encore.

Dans le domaine du logo, voici SPREADSHIRT, qui commercialise en ligne des textiles personnalisés à travers l’impression de logos ou d’inscriptions.

L’utilisateur peut importer l’une de ses images personnelles oubien consulter une bibliothèque en ligne pour choisir les motifs qu’il désire imprimer.

SPREADSHIRT a créé un marketplace qui permet à des créateurs amateurs ou professionnels de proposer leurs motifs ou leurs logos et de  percevoir une commission sur chaque impression.